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Messages

J’ai acheté… Cake - Fashion Nuggets

  J’ai acheté…  Fashion Nuggets de  Cake J’ai déniché un album classique du groupe Cake de 1996, Fashion Nuggets , dans une boutique de CDs et de livres d’occasion de mon quartier, qui est assez bien fournie. Un album qui raconte la solitude, l’isolement ( Open Book ), l’aliénation ( Daria ), l’inadéquation par rapport à la modernité ( Frank Sinatra, The Distance, Stickshifts and Safetybelts ), la déception, voire le dégoût face à la société ( Race Car Ya-Yas, Italian Leather Sofa ) le sentiment d’être abandonné, incompris ( Sad Songs and Waltzes ), exploité par le monde, que ce soit par une femme ( She’ll Come Back to Me, It`s Coming Down, Perhaps, Perhaps, Perhaps, I Will Survive ), dans le cadre d’une relation d’amour ou par les riches et les politiciens ( Nugget ). Un album aux paroles tristes et mélancoliques, mais où l’élégance de la musique confère à l’ensemble une grâce et une luminosité qui donnent de l’espoir, ne serait-ce que celui que la beauté sauvera le mon...
Messages récents

Jean-Charles Harvey – Les demi-civilisés

On considère que ce roman fut un précurseur spirituel de la Révolution tranquille au Québec. Il s’attaque en effet à l’ancien ordre des choses, au conservatisme, voire à l’immobilisme dans lequel baignait le Québec de l’époque (le début du 20 e  siècle). Un monde étouffé par l’église omnipotente, alliée du pouvoir exécutif et du monde des affaires (voire de la contrebande de drogue) : « la triple alliance du capital, du pouvoir civil et des choses saintes ». Par la hardiesse de son réquisitoire contre le statu quo, le roman fit esclandre et gagna du même coup les sympathies de la jeunesse de l’époque. Il fut mis à l’index, et l’auteur fut banni de la profession journalistique pendant un certain temps. On ne s'empêchera pas de noter le caractère quelque peu naïf de certaines envolées polémiques, le ton sermonneur. Ce qui est particulier, et où réside selon moi le principal mérite du livre, c’est le parallélisme entre deux plans narratifs : l’un axé sur le social et ...

Balado à lire 1: fin d'année 2025

J'aimerais vous faire découvrir une partie des morceaux qui m'ont impressionné cette année. Si l'idée vous tente, vous n'avez qu'à cliquer dessous. Vous trouverez ci-après une liste des pièces ainsi que notre "balado à lire". Votre serviteur ne s'y connaît pas en enregistrement de balados, et puis, de toute façon, la diffusion des pistes n'est pas tout à fait simple d'un point de vue juridique. Ainsi, je vous invite à simplement lire (ou à faire lire) ce que je vous aurais dit dans une émission et à écouter les titres sur la plateforme de votre choix. Certes, c'est moins fluide, mais à notre époque de facilité et de passiveté démesurées, n'est-ce pas une belle occasion de se réapproprier son temps et ses gestes? Mara Tremblay: Le jour va où tu le mènes Catherine Durand: Dans ma paume Douance: Comment tu vas? Écarlate: Chalet des LeBlanc The Dears: Life ls Beautiful! The Besnard Lakes: The Bray Road Beast Kurt Vile: Must Be Santa P't...

Tennessee Williams, La chatte sur un toit brûlant

Après avoir lu et décortiqué Un tramway nommé désir , je me suis lancé à découverte de la deuxième pièce la plus célèbre de Tennessee Williams, La chatte sur un toit brûlant . Un dispositif scénique complexe, une multitude de personnages, une intrigue formée de plusieurs fils narratifs : cette œuvre jure avec le minimalisme d’Un tramway nommé désir. Je l’ai cependant trouvée plus vivante, vraie de cette vérité palpitante et en même temps irrésolue qui est, en fait, la vie tout court. L’intrigue se tisse autour du sort de Brick, fils d’un entrepreneur agricole puissant, ancien joueur de football, devenu par la suite reporter sportif et, tout dernièrement, alcoolique désœuvré, et de son épouse Maggie, la « chatte » en question. Brick boude la couche de sa femme depuis longtemps, et le dramaturge nous laisse incertains sur les raisons de cette abstention. D’une part, le moment où Brick sombre dans la boisson coïncide avec le suicide de son meilleur ami et partenaire de jeu, Skipper. On ap...

Bar Italia à Montréal, novembre 2025

            Le groupe londonien Bar Italia nous a rendu visite le 25 novembre 2025. Le spectacle faisait partie de sa tournée nord-américaine qui soulignait leur nouvel album  Some Like It Hot . Le concert, organisé par  Blue Skies Turn Black , devait normalement avoir lieu au club Soda, mais un transfert au Théâtre Fairmount avait eu lieu quelques jours auparavant. Je dois avouer que Bar Italia suscite en moi des sentiments mélangés et incertains. Je trouve que leur musique a un côté désagréable, vicieux, prétentieux, mais qu’elle est d’autant plus surprenante. Elle se grave dans l’esprit sans difficulté, enfante des vers d’oreille et appelle souvent à sa réécoute. Le trio est en lui-même une curiosité : ses membres sont assez différents tant par leur personnalité que par leur attitude, voire par leur style vestimentaire. Le groupe a cela de particulier que les trois membres sont au même titre des chanteurs principaux, même si on...

Tennessee Williams, Un tramway nommé désir

Tout d'abord, j’avais trouvé cette pièce un peu prévisible, simpliste, du point de vue contemporain. Elle ne l’était sûrement pas à l’époque de sa parution, à la fin des années 1940, à une époque où le fascisme montrait déjà son visage hideux à l’horizon. Blanche DuBois incarnait visiblement une sensibilité et une vulnérabilité romantique qui s’opposait à la brutalité du monde environnant, en proie à ses pulsions de domination et de destruction. Cela étant, elle restait un personnage subtil et complexe : elle pouvait paraître tour à tour vicieuse, grotesque, noble et gracieuse. Elle a menti sur son véritable train de vie, elle s’invente une existence et une identité qui jure cruellement avec le caractère tragique de sa vie réelle. Mais cette dualité, n’est-ce pas le drame de bien des humains? N’est-elle pas notre condition absurde, à nous, qui nous drapons dans une image confectionnée pour les réseaux sociaux, une image lustrée digne d’un magazine people (je trahis mon âge) ou d’un...